Les constats sur la nécessité d'évoluer vers une alimentation plus saine, durable et solidaire sont aujourd'hui largement partagés. Les effets sur la santé publique, les inégalités sociales et l'environnement sont documentés. Et pourtant, les transformations concrètes tardent à s'imposer.
C'est dans ce contexte que s'inscrit Plan'Eat Kids, Living Lab (laboratoire vivant) de Clermont Ferrand porté par l'INRAE. Le 27 mai dernier, à Clermont-Ferrand, une journée de travail a réuni chercheurs, collectivités, associations, professionnels de terrain et enfants autour d'un objectif commun : imaginer et découvrir des pratiques alimentaires plus saines, plus durables, plus solidaires et plus respectueuses de l'environnement. C’est dans ce cadre que Montpellier a pu présenter quelques-unes de ses initiatives. Cette journée était une invitation à se faire rencontrer les 3 projets européens « sœurs » : FEAST, SWITCH et Plan’Eat, afin d’échanger et découvrir les actions menées dans différentes villes en France.
Deux initiatives issues de Montpellier ont été mises en avant lors de cette journée : les maisons d'alimentation solidaire et la caisse alimentaire commune.
Cette dernière repose sur un principe de mutualisation : les participants contribuent financièrement selon leurs revenus et reçoivent en contrepartie une monnaie alimentaire, utilisable auprès de lieux partenaires conventionnés. L'objectif poursuivi est à la fois économique, géographique et socioculturel : garantir à chacun, y compris aux ménages les plus modestes, un accès effectif à une alimentation de qualité et durable.
Ce dispositif soulève une question fondamentale, de nature politique : qui est légitime pour définir ce qu'est une alimentation durable, digne et accessible ? Pour y répondre, la caisse alimentaire commune s'est dotée d'une gouvernance participative, organisée autour d'un comité citoyen, avec la volonté explicite d'associer les habitants aux décisions.
La participation citoyenne ne suffit pas, en elle-même, à garantir l'égalité d'accès. Les espaces participatifs peuvent, malgré les intentions, reproduire des inégalités de parole. Certains lieux représentatifs d'une alimentation durable demeurent difficiles à fréquenter pour les personnes en situation de précarité, non seulement pour des raisons financières mais aussi pour des raisons symboliques, comme se sentir légitime d’y entrer, d’y prendre la parole, de s'y reconnaître.
L'expérience montpelliéraine appui que mettre en place un dispositif alternatif ne garantit pas automatiquement qu'il sera accessible à toutes et à tous. La participation doit être pensée, organisée et accompagnée avec soin. À défaut, elle risque de reconduire les inégalités qu'elle entend corriger.


Ce que défendent SWITCH, Plan’Eat et FEAST est une conception du terrain comme un lieu d'observation, d'expérimentation et de production de connaissances.
Une collectivité souhaitant faire évoluer ses pratiques d'approvisionnement a besoin de données chiffrées et de retours d'expérience documentés. Une association défendant un accès digne à l'alimentation doit pouvoir démontrer ce qui fonctionne et ce qui reste bloqué.
C'est précisément la mission de la recherche participative : transformer des expériences locales en connaissances partageables et exploitables, susceptibles d'alimenter les débats politiques et d'orienter les décisions publiques.

Les initiatives de terrain comme les ateliers de cuisine, les cantines engagées, les maisons d'alimentation solidaire, les caisses communes produisent trois apports essentiels :
Cet article s'inspire des travaux présentés lors de la journée Plan'Eat Kids organisée par l'INRAE à Clermont-Ferrand le 27 mai 2025, dans le cadre des projets européens PLAN'EAT, FEAST et SWITCH.
